Tous présidents ! Pour sa quarantième édition, le Livre sur la Place a l’honneur d’accueillir à sa tête les dix académiciens Goncourt. Nous leur avons posé les dix mêmes questions.

Depuis l’immense succès qu’ a été « L’Allée du roi », les mémoires imaginaires de Mme de Maintenon, la seconde épouse de Louis XIV, Françoise Chandernagor appartient au petit cercle des grands noms de la littérature française. C’est autour de sa spécialité qu’elle échangera lors du Livre sur la Place sur le roman historique, ou le roman « dans l’Histoire », comme elle aime dire, avec Clara Dupont-Monod, Camille Pascal et Daniel Picouly.

Françoise Chandernagor © Catherie Hélie

L’Académie Goncourt soutient depuis ses débuts le Livre sur la Place et cette année, ses dix membres ont accepté d’en présider la quarantième édition. Quel est, selon vous, le secret de cette longévité et de cette fidélité ?

L’amitié. Amitié pour les Nancéens, leurs libraires et leurs élus, et amitié entre nous, les Dix de l’Académie, qui nous rend agréables des déplacements conjoints.

Pourquoi, à titre personnel, aimez-vous venir à Nancy ?
Les lecteurs m’y ont toujours paru – cela dit sans flatterie – plus cultivés et plus chaleureux que dans bien d’autres lieux. Et la ville est si belle qu’elle repose et régale les yeux.

D’un adjectif, comment pourriez-vous qualifier le Livre sur la Place ?
Unique !

Si vous deviez imaginer un slogan pour la manifestation, quel serait-il ?
«Venez, tout le monde y est ! »

Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de l’une ou l’autre des éditions à laquelle vous avez participé ?
Excellent souvenir du contact avec les élèves dans les lycées de la ville. Souvenir aussi de la découverte, à la Maison d’arrêt, d’un petit groupe de prisonniers passionnés d’histoire.

Grâce au parrainage de l’Académie Goncourt, le Livre sur la Place est devenu le premier salon de la rentrée littéraire. Auteurs et éditeurs sont en nombre. Et cette année, pour la première fois, vous allez révéler votre sélection de romans goncourables. Deux mois avant son attribution, le prix Goncourt se dessine-t-il plus que jamais à l’ombre de Stanislas ?
Le futur Prix figure nécessairement sur cette première liste, mais bien malin qui pourrait dire dès septembre lequel des quinze titres sélectionnés l’emportera en novembre !

Qu’est-ce qu’un bon Goncourt ?
Un roman (j’insiste sur ce mot) original et bien écrit, susceptible de toucher tous les publics.

Vous êtes les premiers prescripteurs de livres en France. Votre choix littéraire est aussi un enjeu financier. Comment vivez-vous cette gageure ?
En lisant énormément et en confrontant nos opinions sans ménagement. Mais en ayant conscience aussi que, quoi que nous fassions, nous laisserons nécessairement échapper quelques bons romans…

Vous avez succédé à Emmanuel Roblès au troisième couvert de l’Académie. Comment vous inscrivez-vous dans cet héritage ?
Je n’ai pas connu Emmanuel Roblès et je connais mal son œuvre, à l’exception de sa pièce Montserrat que j’ai vue à quinze ou seize ans et qui m’a laissé une impression très forte.

Comment voyez-vous l’Académie et le prix dans dix ans ?
Je la vois sans moi… à moins que Dieu me prête la longue vie d’un Dorgelès, d’un Bazin ou d’une Edmonde Charles-Roux !